Mélanie Dhoye donne une seconde vie aux chambres à air

Des modèles uniques et originaux qui vous séduiront.



Les chambres à air de pneus de tracteurs, de camions, de vélos et les chutes de bâches de camion trouvent une seconde et belle vie entre les doigts de Mélanie Dhoye qui a choisi ces matériaux originaux et surprenants pour confectionner des sacs et des cabas pour adultes et enfants.

Lingère à mi-temps à la maison d'enfants des Peupliers, Mélanie Dhoye, 39 ans, a décidé en mai 2011 de se lancer dans la création d'autant qu'elle est manuelle et aime bricoler. Titulaire d'un CAP et d'un BEP mailles industrie de l'habillement, elle a opté pour cette voie dans la création mais elle a corsé l'affaire en choisissant des matières qu'elle détourne de leur vocation première : les chambres à air et les chutes de bâches de camions pour les transformer en accessoires de mode.

« Au début, j'ai utilisé de la toile cirée mais le rendu n'était pas convaincant tout comme la solidité. J'ai donc bifurqué vers les bâches de camions », explique Mélanie qui récupère des chutes de toutes les couleurs. Cherchant à s'informer, elle a entendu parler de créations avec des chambres à air et a tout de suite décidé de tester cette matière. « Les premiers essais étaient concluants. La chambre à air est souple et solide », explique la jeune créatrice. Quand on sait que les sacs des dames sont souvent chargés, il faut bien sûr s'assurer de la solidité de cet accessoire.

Elle récupère ces chambres à air dans les casses et, certainement le travail le plus contraignant, les nettoie avec de la pierre blanche. Puis, elle façonne ses sacs avec beaucoup d'ingéniosité, de minutie et d'esprit créatif. « Je n'ai pas de modèles, je suis mon inspiration. Je trace en quelques coups de crayons la forme et je me mets au travail. Je ne conçois pas deux sacs identiques ».

Dans une chambre à air, elle découpe au cutter électrique entre 4 et 5 sacs selon la taille. Puis, elle s'installe à sa machine à coudre, une technique qu'elle connaît bien, pour mettre en forme la matière de base qu'elle agrémente parfois avec des morceaux de cuir ou de tissus de récupération eux aussi.

Les anses sont souvent réalisées avec des chambres à air de vélo. Elle peut aussi les personnaliser avec des photos par un transfert sur tissu comme elle l'a fait pour une petite-fille qui a un sac avec son doudou dessus. A l'occasion, elle fabrique également des sacs en cuir.

« Dans la création, je m'évade, c'est une véritable bouffée d'oxygène », note Mélanie qui fabrique en moyenne 2 sacs par jour et qui a dû se mettre aussi à la cordonnerie. Elle en a déjà écoulé une centaine depuis son installation et les gens sont toujours surpris par la beauté de ces ustensiles.

Elle est confortée dans sa passion par les échos positifs qu'elle reçoit lors des marchés artisanaux, des salons, des marchés de Noël qu'elle a déjà fait. « Je suis sélectionnée pour participer à un défilé de mode près d'Amiens en octobre prochain. Mes sacs seront portés par des mannequins vêtus de robes en béton ». L'organisatrice de cet événement a été séduite par ses créations lors d'un salon du mariage.

Son rêve serait d'avoir une boutique aménagée, elle aussi, de façon originale puisqu'elle l'imagine dans un container ou encore de créer un collectif d'artisans. Dans ses projets, elle est soutenue par son mari Guillaume et ses enfants qui rêvent de voir les sacs de Mélanie dans les grands défilés de mode. Et pourquoi pas !