Des sacs à main en chambre à air recyclée ! Mélanie, une créatrice gonflée à bloc

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Beaucoup plus écolos que le « croco » et autres peaux de bête, daim ou vachette. Plus costauds que le plastique. Carrément éthiques. La chambre à air de tracteur et la bâche de camion ! Dans la famille des sacs à main, Mélanie Dhoye a osé le recyclage et l’originalité. Elle n’est pas la première, cette reconversion est à la mode, mais notre créatrice indépendante, « une grande curieuse », suscite une grande curiosité, un bel effet de surprise. « On ne voit pas ces sacs à tous les coins de rue » sourit cette fonctionnaire de la Maison d’enfants de Campagne-lès-Hesdin, qui mourait d’envie à 39 ans de « se lancer dans quelque chose ».


Possédant un CAP et un BEP « maille-industries de l’habillement », une expérience de couturière habituée aux retouches à la Maison d’enfants, Mélanie s’est lancée dans le sac à main recyclé
« sur un coup de cœur, comme un flash » sans se soucier de devoir s’initier à la cordonnerie. Les choses n’ont pas traîné. Elle a dessiné ses premiers croquis de sacs « à l’instinct », maîtrisant rapidement les chambres à air de tracteur que son mari Guillaume avait récupérées dans une station de pneumatiques à Beaurainville et récurées à la pierre blanche. Garanties sans odeurs. Immédiatement séduite par sa nouvelle activité, Mélanie a créé son auto-entreprise en mai 2011 tout en réduisant son temps de travail à la Maison d’enfants.

Une boutique-conteneur ?

Dans son atelier – installé chez elle pour le moment ! -, Mélanie Dhoye explique les grandes lignes de son art.
«Finalement, l’outil le plus important c’est mon cutter électrique.»
Indispensable pour découper la chambre à air selon le patron souhaité, la taille évidemment. Elle découpe en trapèze, elle rabat puis elle façonne, assemble, avec la possibilité de mélanger les matières, d’ajouter des tissus, un peu de cuir. Quand elle n’a pas le cutter en main, elle assiège une machine à coudre de cordonnier achetée d’occasion.
« Dans ce domaine, je suis une autodidacte complète, j’ai toutefois bien écouté les conseils de spécialistes avant de me lancer sur la machine à poser les rivets, les œillets… » Avec une espèce de sixième sens artisanal, un vrai potentiel artistique, Mélanie s’exprime pleinement et prestement. Elle peut « fabriquer » deux sacs par jour. Chaque modèle est unique. La finition, la dernière petite touche donnent aux sacs leur caractère, excentrique ou classique. Des sacs uniques mais aussi « increvables ». On ne vient pas facilement à bout de la résistance du caoutchouc. Avec les bâches de camion – chutes provenant d’un fabricant à Seclin -, Mélanie ose les couleurs, en conservant la même technique. « Les bâches me permettent par exemple de réaliser des cabas pour l’été. » Sacs en chambre à air recyclée et réutilisée, cabas en bâche de camion rencontrent un grand succès sur les marchés, dans les salons où s’installe Mélanie. Des boutiques de mode l’ont déjà repérée, son site Internet permet d’entrer de plain-pied dans son domaine. Le bouche-à-oreille fait le reste.

Aujourd’hui, sûre de son doigté – depuis ses débuts elle a créé plus de 150 sacs -, de plus en plus passionnée (« Dès que je me lève le matin, je pense à un modèle ! »), Mélanie rêve d’ouvrir sa boutique, pourquoi pas dans sa cour ? « Nous avons une petite idée autour d’un conteneur récupéré sur un port… » avance le mari très entreprenant pour la suite des événements et qui ne cache pas son admiration pour le travail accompli par sa femme. « D’ailleurs tout le monde est surpris par ce que je fais » renchérit la créatrice, bien consciente d’avoir été gonflée en mettant une main dans le sac et l’autre sur la chambre à air ou la bâche de camion.